Ce texte est basé sur la recherche suivante :

Freeman, S., Eddy, S. L., McDonough, M., Smith, M. K., Okoroafor, N., Jordt, H., & Wenderoth, M. P. (2014). Active learning increases student performance in science, engineering, and mathematics. PNAS Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 111(23), 8410–841. https://doi.org/10.1073/pnas.1319030111

Mise en contexte

L’apprentissage actif en classe conduit-il forcément à de meilleures performances chez les étudiants par rapport à l’enseignement magistral? Voici la question à laquelle cette étude tente de trouver une réponse. Au travers d’une méta-analyse de 225 études, cette recherche a ainsi examiné l’efficacité de l’enseignement magistral par rapport à des méthodes plus actives dans des cours de sciences, technologie, ingénierie et mathématiques de premier cycle.

Mise en pratique dans vos cours

Sans grande surprise, la méthode qui ressort gagnante s’avère être l’apprentissage actif, car il permet non seulement d’augmenter les performances des étudiants, mais aussi de réduire les chances d’échec.

Des performances plus élevées :

Les résultats ont indiqué qu’en moyenne, les performances des étudiants s’amélioraient en apprentissage actif par rapport aux cours magistraux. À travers des activités collaboratives où ils doivent réaliser des tâches concrètes, les étudiants interagissent directement avec la matière et leurs pairs : ils ont ainsi la possibilité d’appliquer les concepts, d’expérimenter, d’échanger, de commettre des erreurs et d’apprendre de celles-ci.

Un taux d’échec moins élevé :

De plus, on a constaté que les chances d’échec étaient presque deux fois plus élevées dans les cours magistraux traditionnels que dans des situations d’apprentissage plus expérientielles. Cela s’explique notamment par l’interaction accrue des étudiants avec le matériel d’apprentissage et l’engagnement cognitif visé par les activités pratiques et collaboratives, qui permettent aux étudiants de développer une compréhension plus approfondie des concepts grâce à l’expérimentation et aux discussions en classe. Ces facteurs contribuent alors à une meilleure rétention des connaissances et se traduisent par des taux d’échec plus bas dans les cours utilisant des méthodes actives.

En conséquence, l’étude suggère que l’apprentissage actif devrait être privilégié par rapport aux méthodes plus magistrales. Pour ce faire, il est recommandé de proposer notamment :

  • des exercices pratiques qui mettent en application les concepts théoriques dans de nouvelles situations;
  • des mises en situation concrètes où les étudiants doivent résoudre des problèmes réels ou simuler des cas pratiques rencontrés dans leur domaine d’étude;
  • des discussions et des corrections par les pairs, permettant aux étudiants d’évaluer le travail des autres, d’en discuter et de fournir une rétroaction;
  • des projets de groupe qui nécessitent la collaboration entre les étudiants pour résoudre des problèmes complexes;
  • des activités collaboratives de type 1-2-Tous (les étudiants réfléchissent individuellement sur une question ou un problème, discutent ensuite en binôme pour partager leurs idées, et enfin partagent leurs réponses avec l’ensemble de la classe).

À noter que l’enseignement plus magistral garde sa place à l’université, notamment pour la transmission de contenu, la présentation de faits et de concepts clés. Les cours magistraux permettent souvent de couvrir rapidement des informations fondamentales et de fournir une orientation générale sur un sujet donné. Par ailleurs, bien souvent, il s’agit d’un passage obligé pour découvrir le contenu avant de le mettre en application par les étudiants au travers d’activités plus actives.