Maître d’enseignement, Département de management

Décrypter la correction : rendre la rétroaction compréhensible et applicable

Marie-Christine Albert

« Dans mon enseignement, j’adopte diverses méthodes de rétroaction pour fournir des retours constructifs et clairs aux personnes étudiantes. Bien entendu, j’utilise des grilles de correction et des critères clairement annoncés, mais j’ai réalisé avec les années que la classe a parfois de la difficulté à décoder ces outils et à s’en servir pour s’améliorer. Pour contrer ce problème, j’ai ajouté à cette approche d’autres modes.

D’abord, lorsque je corrige des petites évaluations ou des exercices, je transforme les critères de correction en questions pour que les étudiants puissent eux-mêmes s’auto-évaluer . Par exemple, pour le critère « La qualité des explications données à l’aide des notions théoriques », je peux proposer les sous-questions suivantes :

  • Plusieurs solutions sont envisageables, certaines étant meilleures et plus appropriées que d’autres. Est-ce que la solution proposée est adaptée, est personnalisée aux principaux enjeux que vit le personnage ?
  • Est-ce la solution est soutenue par des notions théoriques pertinentes du cours et démontre comment le cours permet à l’étudiant ou l’étudiante d’aller au-delà d’une opinion personnelle ?

Ensuite, lors de petits exercices en classe, je partage et commente des extraits de réponse anonymes en invitant d’abord le groupe à les corriger. Par exemple :

  • « Est-ce qu’une de ces deux copies se démarque particulièrement en termes de qualité d’argumentation et si oui, comment? »
  • « Il y a deux erreurs de compréhension théorique dans cet extrait, quelles sont-elles? »

Ces deux approches aident les étudiants à comprendre comment je corrige, comment exploiter le potentiel de la matière et les aide à augmenter la qualité de leur argumentation.

Puis, concernant les évaluations formelles, au-delà de l’utilisation des grilles d’évaluation, je prends le temps de faire un retour général en groupe où je souligne comment certains se sont particulièrement démarqués pour atteindre les notes maximales. Cela permet de montrer concrètement ce qui était réalisable.

Enfin, je propose des rencontres individuelles aux personnes étudiantes éprouvant plus de difficultés. Ces rencontres conviviales et constructives sont l’occasion de revenir sur leur évaluation, et de comparer leur copie avec l’une qui s’est particulièrement démarquée. Cette méthode est généralement très puissante pour relever les contrastes et leur faire prendre conscience du chemin de pensée qu’elles auraient pu parcourir. »