Ce texte est basé sur la recherche suivante :
Chernikova, O., Heitzmann, N., Stadler, M., Holzberger, D., Seidel, T., & Fischer, F. (2020). Simulation-Based Learning in Higher Education: A Meta-Analysis. Review of Educational Research, 90(4), 499-541. https://doi.org/10.3102/0034654320933544
Mise en contexte
Cette méta-analyse est basée sur 145 études publiées dans 128 articles sur l’utilisation de simulations dans l’enseignement supérieur entre 1979 et 2018. Une grande partie des données proviennent d’études réalisées dans des cours de médecine et d’enseignement.
Les outils de simulation permettent de simuler une situation réelle, où les personnes étudiantes peuvent apprendre de leurs essais et erreurs tout en développant des habiletés à résoudre des tâches complexes (Chernikova et al, 2020). Est-ce que la simulation permet de développer des habiletés à résoudre des tâches complexes? Y a-t-il des caractéristiques des simulations qui permettent un meilleur apprentissage? Comment mieux soutenir les apprentissages des personnes étudiantes pendant les simulations? Voici les questions auxquelles cette méta-analyse tente de trouver des réponses.
Mise en pratique dans vos cours
Globalement, l’utilisation de simulation permettrait de renforcer les habiletés à résoudre des tâches complexes chez les personnes étudiantes. Les effets les plus marquants sont observés sur des performances techniques. Cependant, les habiletés de communication et de travail d’équipe semblent moins être facilitées par la simulation. Dépendamment de vos objectifs d’apprentissage, la simulation peut être ou non l’outil le plus adapté aux besoins.
La durée de la simulation a un effet. Généralement, une simulation qui s’écoule sur une durée plus longue a plus d’impacts positifs. Il serait conseillé d’utiliser une simulation de plusieurs heures à plusieurs jours pour maximiser les bénéfices. Les effets positifs notés étaient avec des simulations qui duraient plusieurs semaines jusqu’à un mois, mais ces trouvailles ne permettent pas de tirer des conclusions, car peu d’études avaient des simulations aussi longues.
L’authenticité des simulations (ressemblance à un contexte réel) semble aussi avoir un impact. Même les simulations jugées moins authentiques avaient des effets positifs sur l’apprentissage. Cependant, les effets sont encore plus prononcés avec celles qui sont considérées plus authentiques.
Globalement, les effets positifs des simulations se font voir en début et en fin de parcours des personnes étudiantes dans leur cheminement scolaire. La simulation pourrait donc être utilisée autant au début d’un cours pour introduire les concepts qu’à la toute fin pour permettre leur intégration. Dans la même veine, elle peut être utilisé au début d’un programme ou dans le cadre d’un cours d’intégration à la fin.
Finalement, comment mieux soutenir les membres de votre classe dans leurs apprentissages pendant une simulation?
Cette méta-analyse s’est penchée sur la question en faisant une corrélation avec les connaissances antérieures qu’avaient les personnes étudiantes sur le sujet. Il s’avère que la meilleure façon de les soutenir au premier cycle (que l’on présume avoir moins de connaissances antérieures, car moins avancées dans leurs études) est de donner des exemples. Au deuxième cycle, l’option qui avait le plus d’effet était de prévoir des phases réflexives pour que les personnes étudiantes réfléchissent sur leurs objectifs, leurs stratégies, etc. Par exemple, un journal de bord pour rédiger des billets réflexifs pourrait être une formule propice. Une autre mesure utilisée pour définir les connaissances antérieures est la familiarité avec le contexte. Pour les personnes ayant une forte connaissance du contexte, l’utilisation de phases réflexives est aussi une option qui semble le mieux soutenir l’apprentissage. Par exemple, cette stratégie pourrait être intéressante pour les personnes étudiantes inscrites dans les programmes de Certificats qui ont souvent de l’expérience sur le marché du travail qui correspond au contexte de la simulation.
