L’intelligence artificielle générative

Les outils d’intelligence artificielle générative (IAG) se sont multipliés ces dernières années. Présents sur le Web, dans nos téléphones et dans notre environnement, ils exécutent, à partir de modèles de langage, des tâches précises, comme résumer, classer, reconnaître, traduire, analyser, créer, etc.

L’IAG est un type d’intelligence artificielle qui a la particularité de produire des artefacts inédits (texte, audio, code, vidéos, images, etc.). Elle repose sur des modèles de langage de grande taille (MLG) entraînés sur de vastes volumes de données, ce qui leur permet de générer des réponses d’une grande complexité, s’approchant de l’interaction humaine.

Ces technologies évoluent rapidement et s’installent de manière durable dans notre paysage éducatif, comme dans la société en général. Malgré les avantages indéniables en termes d’automatisation et d’augmentation des capacités humaines, les outils d’IAG soulèvent des enjeux significatifs, notamment pour l’enseignement et la recherche.

Dans cette page, vous trouverez:

Personnes étudiantes qui travaillent autour d'un même ordinateur

Image générée avec DALL-E 3

Enjeux de l’IAG dans votre enseignement

Avant d’utiliser les outils d’IAG, ou de les intégrer à votre pratique ou dans la salle de classe, il importe de bien comprendre certains enjeux qui s’inspirent pour la plupart de ceux soulevés par l’École lors de la rédaction des Lignes directrices pour l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle générative à HEC Montréal.

IAG et apprentissage

L’intégration d’une technologie dans l’enseignement suscite inévitablement des réflexions sur ses avantages et ses inconvénients. L’IAG peut être très motivante et offrir des possibilités riches et personnalisées pour les étudiants, favorisant le développement de nouveaux savoirs et compétences. Cependant, elle peut aussi entraîner une décharge cognitive, une perte de pensée critique et de créativité, et devenir une béquille à l’apprentissage.

IAG et fiabilité des données

Même si l’intelligence artificielle générative répond avec assurance, elle est susceptible de se tromper (et de nous berner), de produire des contenus imprécis ou incomplets. En 2025, ces hallucinations sont encore générées par des outils performants comme les dernières versions des outils les plus connus comme ChatGPT, Copilot ou Gemini.

IAG et gestion des biais

Les outils d’IAG peuvent produire des résultats erronés ou biaisés en raison des données utilisées pour les entraîner, exprimant parfois des préjugés reliés au genre, à la race ou à une idéologie. Il est crucial de vérifier ces contenus avec des sources fiables et d’en promouvoir une utilisation éthique en identifiant et en corrigeant les biais, tout en considérant la pluralité des points de vue.

IAG, sécurité des données et droits d’auteur

Les données et les documents partagés dans les outils d’IAG peuvent éventuellement être stockés et utilisés pour entraîner les prochaines versions des modèles de langage. Ainsi, aucun renseignement personnel ni document protégé par la propriété intellectuelle ne devrait être partagé dans un outil d’IAG ne garantissant pas la sécurité des données.

IAG et transition durable

Les outils d’intelligence artificielle générative consomment une grande quantité de ressources ayant des impacts environnementaux et économiques importants. Au même titre que nous réfléchissons à la manière de se déplacer d’un point A au point B sur le plan environnemental, il serait judicieux de se demander si les outils d’IAG sont les meilleurs pour atteindre les buts escomptés.

IAG et équité des accès

Dans un contexte de classe, il importe de reconnaître les inégalités d’accès aux technologies parmi les personnes étudiantes. Les modèles de langage les plus puissants demeurent bien souvent ceux associés à un compte payant. De plus, tous n’ont pas les mêmes ressources ou compétences pour utiliser ces outils efficacement.

Outils d’IAG

Le portrait des outils d’IAG disponibles ne cesse d’évoluer. On retrouve autant de grands joueurs (ChatGPT, Copilot, Claude, Gemini…) que d’entreprises qui décident d’intégrer des fonctions d’intelligence artificielle générative au sein de leurs produits (ex. : Wooclap, Padlet, Canvas, Copilot M365…)

Le fonctionnement des outils d’IAG se compose généralement d’une entrée (« input ») par l’utilisateur (une requête, ou « prompt » en anglais) et d’une sortie (« output ») générée par l’outil en question.

Exemples d’entrée et de sortie

  • Texte
  • Liste
  • Tableau
  • Voix
  • Image
  • Vidéo
  • Page Web
  • Document PDF
  • Feuilles de calcul
  • Code, etc.

Exemples d’outils

Perplexity

Moteur de recherche intelligent qui répond à des questions en citant ses sources en temps réel.

Ideogram

Générateur d’images capable d’intégrer du texte de façon cohérente dans les visuels créés.

Napkin AI

Outil de prise de notes qui transforme des idées brutes en concepts visuels ou résumés clairs.

Teams pour entreprise

Assistant collaboratif pour organiser, résumer et analyser les réunions d’équipe et le travail sur Teams.

Gamma

Générateur de présentations à partir de simples requêtes textuelles.

L’IAG : un moteur de recherche?

Les outils d’intelligence artificielle générative (IAG) évoluent rapidement et la plupart intègrent désormais des fonctionnalités de recherche avancée (« Deep Research ») qui permettent de lire plusieurs centaines de pages Web en quelques minutes et d’en faire une sélection selon la requête et le besoin initial. Contrairement aux moteurs de recherche traditionnels qui proposent des listes de liens vers des contenus existants, les IAG modernes combinent aujourd’hui deux approches : ils peuvent à la fois accéder à des informations via des moteurs de recherche (Google, Bing, etc.) et générer des contenus nouveaux (textes, images, code, etc.) à partir d’une requête.

Cette hybridation permet aux IAG de fournir des réponses construites et contextualisées, en s’appuyant sur des sources récentes, tout en maintenant une interaction conversationnelle. L’utilisateur peut ainsi obtenir une synthèse personnalisée plutôt qu’une simple liste de liens.

Cependant, il est crucial de garder à l’esprit que même avec ces capacités de recherche intégrées, le cœur du traitement reste basé sur une génération de texte probabiliste. Cela signifie que ces outils peuvent encore :

  • Mettre l’accent sur des informations moins pertinentes pour votre contexte
  • Produire de fausses citations
  • Inventer des liens ou des sources
  • Générer des contenus plausibles, mais inexacts

Il est donc essentiel de vérifier l’information fournie, particulièrement dans un contexte d’enseignement et d’apprentissage, même lorsque l’outil prétend s’appuyer sur des sources documentées et vérifiables.

Attention!

Les outils de recherche avancée, étant alimentés par des moteurs de recherche, ne peuvent pas chercher dans des banques de données payantes ni certaines gratuites. Certains outils d’intelligence artificielle génératifs spécialisés ou intégrés aux bases de données sont probablement de meilleures options s’il s’agit du genre d’information recherchée.

Copilot : un outil d’IAG accessible avec votre compte HEC

HEC Montréal met à votre disposition, comme à l’ensemble de la communauté étudiante, Microsoft Copilot, un outil d’IAG directement intégré à votre compte institutionnel. En vous connectant avec ce compte, vous bénéficiez de l’outil dans sa version déployée par l’École. Cette solution :

  • Est officiellement approuvée par l’École
  • S’intègre naturellement à l’environnement Microsoft 365
  • Offre un niveau de sécurité maximal
  • Permet la création d’agents

Vous pouvez bien entendu utiliser d’autres outils d’intelligence artificielle générative dans la mesure où ceux-ci respectent les lignes directrices de l’École.

Interface de l'application Copilot

Qu’en pense la communauté enseignante?

Caroline Lévesque-Pelletier

À l’automne 2023, j’ai proposé un travail de session exploratoire aux étudiants du cours de Finance pour CPA, dans le cadre du D.E.S.S en comptabilité professionnelle. Ce travail visait à évaluer la capacité de divers outils d’intelligence artificielle générative à résoudre des problématiques financières. J’ai envisagé ce projet comme une opportunité d’apprentissage collectif sur une technologie de plus en plus présente dans le milieu des affaires.

Pour les étudiants, ce projet a été une occasion de réfléchir à l’impact potentiel de l’IA sur le marché du travail, d’identifier les limites actuelles de ces outils et de considérer leur utilisation optimale et réfléchie.

En tant qu’enseignante, ce projet m’a permis de réfléchir à la façon dont l’intelligence artificielle pourrait aider les professionnels de la finance de demain, et au rôle que ces technologies pourraient jouer dans mon approche pédagogique.

Je crois fermement qu’il est essentiel de comprendre les concepts de base d’un domaine avant de pouvoir utiliser efficacement et analyser les réponses générées par ces outils. C’est pourquoi j’ai trouvé pertinent de proposer ce type d’évaluation aux étudiants en fin de parcours, plutôt qu’à ceux qui commencent tout juste leur apprentissage de la finance, notamment ceux du cours de Finance du tronc commun de baccalauréat.

Marie-Hélène Allard
Maître d’enseignement, Département de finances

Formulation des requêtes

Qu’est-ce qu’une requête?

Bien que le terme à utiliser en français soit « invite » ou « requête », on utilise souvent le terme anglais « prompt » pour nommer la requête fournie à un système d’intelligence artificielle générative.

La requête est en quelque sorte la rencontre entre le langage informatique et le langage courant. En d’autres mots, c’est une forme de communication qui permet à l’ordinateur de décomposer et comprendre notre langage.

Modèles de langage : des superprédicteurs de mots

Comprendre comment les systèmes d’intelligence artificielle traitent le langage permet de communiquer efficacement avec eux. Il faut voir ces outils comme des superprédicteurs de texte. Basés sur notre entrée (« input » en anglais), les systèmes d’IAG séquencent le texte en petites parties appelées jetons (« tokens » en anglais). Ces jetons peuvent être aussi petits que des lettres ou des syllabes. En fonction de la combinaison de ces jetons, ils prédisent statistiquement le texte le plus susceptible de venir à la suite de l’entrée. Contrairement aux prédicteurs de mots sur nos appareils cellulaires, le prédicteur de mots d’un robot conversationnel ne fait pas que prédire le prochain mot ou groupe de mots, mais les prochains paragraphes (ce qu’on nomme en anglais l’« output»). C’est pourquoi on parle d’un superprédicteur de mots. L’idée est donc d’arriver à rédiger une commande d’entrée qui est suffisamment précise pour guider la réponse.

Bien formuler les requêtes : la rédactique

Certaines astuces peuvent aider à parvenir à un haut niveau de précision. Voyons succinctement des façons de faire inspirées de l’ingénierie de requêtes (DAIR.AI, 2023).

Exposer le contexte ou la situation dans laquelle vous souhaitez utiliser un outil d’IAG.

  • Qui vous êtes (rôle, fonction, domaine d’activité)
  • Le public cible ou les destinataires de votre requête (ex. : les caractéristiques de votre classe)
  • Les contraintes ou enjeux spécifiques liés à la requête

Clarifier la finalité poursuivie (tâche, objectifs) ou l’usage envisagé des informations sollicitées

  • Rédiger une grille d’évaluation, une mise en situation ou un quiz
  • Traduire, corriger ou reformuler
  • Analyser ou mettre en forme des données
  • Générer un tableau présentant différents concepts
  • Faire un remue-méninge

Fournir des informations précises pour limiter le périmètre de ses apprentissages

  • Termes techniques ou spécifiques
  • Références à des documents ou des sources
  • Exemples de résultats souhaités
  • Limites ou éléments à exclure

Nommer clairement le format souhaité de l’information générée.

  • Type de contenu (image, texte, tableau, liste, code, etc.)
  • Longueur ou nombre de mots
  • Style d’écriture ou d’image
  • Structure de la réponse
  • Niveau de langage
  • Langue

nommer clairement le format souhaité de l’information générée

  • vérifier l’orthographe des mots et la syntaxe de la phrase afin de s’assurer de la justesse et permettre une compréhension adéquate des éléments recherchés.

Attention!

la vaste majorité des outils d’IAG permettent l’ajout de documents. Cela permet d’accélérer le processus de rédaction des requêtes puisque le document fournira des informations essentielles à la compréhension du contexte. Avant de téléverser un document dans un outil d’IAG, vérifiez si vous avez l’autorisation de le faire.

Rôles pédagogiques joués par l’IAG

Les outils d’IAG peuvent jouer plusieurs rôles pédagogiques autant pour vous aider dans vos tâches que pour développer des compétences chez les personnes étudiantes dans vos cours. Selon vos besoins ou ceux de votre classe, ils peuvent être ceux d’un co-concepteur, d’un assistant de cours, d’un tuteur, d’un compagnon d’études, d’un débatteur, d’un personnage d’une mise en situation, etc.

Comment faire jouer un rôle à l’IAG?

Par défaut, un modèle de langage ne joue aucun rôle particulier. Si vous lui demandez de vous aider dans une tâche, il tentera de l’exécuter de manière à plaire au plus grand nombre, ce qui ne répondra possiblement pas à votre besoin.

C’est pourquoi, il est important, dans votre première requête, de préciser le rôle que vous souhaitez donner à l’IA (exemple : « Tu es une personne qui enseigne en marketing. »), et, si applicable, votre rôle, les caractéristiques de votre échange, le format souhaité de ses réponses, etc. L’agent conversationnel validera par la suite la compréhension de son mandat, puis vous pourrez lui poser une première question ou lui transmettre une première demande en fonction du nouveau rôle qu’il joue.

Cette requête peut être déposée directement dans la fenêtre de conversation d’un outil d’IAG ou peut servir de base pour la création d’un agent conversationnel.

Attention!

Avant de partager la requête à votre groupe, testez-la à maintes reprises. Il est essentiel d’évaluer son efficacité dans votre contexte spécifique et de l’ajuster ou de la complexifier si nécessaire, pour qu’elle réponde au mieux à vos besoins et à ceux des membres de votre classe.

La DAIP peut vous accompagner dans ce processus de familiarisation et de composition de requêtes.

Exemples de requêtes pour faire jouer un rôle pédagogique à l’IAG

Création d’une grille d’évaluation (requête pour les personnes enseignantes)

Tu es un docimologue expert en création de grilles d’évaluation critériée à échelle descriptive. Crée une grille d’évaluation critériée à échelle descriptive pour évaluer le travail suivant : [Analyser l’environnement macroéconomique d’une entreprise par des étudiantes et étudiants de 1re  année universitaire]. La première colonne présente les critères d’évaluation. Les critères d’évaluation doivent être formulés de façon à inclure au moins une qualité. Les autres colonnes présentent l’échelle d’appréciation suivante : [Excellent, Très bien, Bien, Passable, Insuffisant]. Les niveaux de maîtrise doivent décrire des manifestations observables. Affiche la grille sous forme de tableau.

Adversaire pour un débat (requête pour les personnes étudiantes)

Tu joues le rôle de mon adversaire dans un débat. Ta tâche consiste à prendre position [pour ou contre] [le sujet du débat], à présenter des arguments valables pour défendre ta position et à réfuter les arguments opposés que j’écrirai. Ton objectif est de débattre avec moi. Présente un seul argument à la fois et laisse-moi te répondre.

Accompagnement de la DAIP

  • Consultations

La DAIP offre des consultations individuelles, en équipe ou par département pour aborder avec vous de l’IAG dans votre enseignement.

Que vous soyez au début d’une réflexion ou les deux pieds dans un projet, prenez rendez-vous pour discuter de l’aspect de votre choix.

  • Ressources Web

Mollick, E. (20 octobre 2024). Thinking like an AI. One Useful Thing.

Mollick, E. (2024, 9 décembre). 15 Times to use AI, and 5 Not to. One Useful Thing.

Jaźwińska, K., & Chandrasekar, A. (6 mars 2025). AI Search Has A Citation Problem: We Compared Eight AI Search Engines. They’re All Bad at Citing News. Columbia Journalism Review.

HEC Montréal. (2024). L’intelligence artificielle en français pour le monde des affaires.

Anand, B., et al. (2023). Teach with Generative AI. Harvard University.

Accompagnement offert par la DAIP