Accommodements en contexte d’évaluation
Section 5 de 6 – Quels sont les mythes entourant les accommodements?
Plusieurs mythes entourent les accommodements. Nous avons décidé d’en présenter quelques-uns ici, mais aussi de les corriger en expliquant pourquoi ces mythes ne représentent pas la réalité.
Dans cette section du site, vous trouverez :

Contrainte de l’application

La personne enseignante doit appliquer à la lettre l’accommodement demandé par les SCE.
C’est faux!
La personne enseignante a son mot à dire dans le processus de mise en place d’un accommodement. La proposition d’accommodement telle que présentée par les SCE est une demande qui répond aux besoins de la personne étudiante pour l’ensemble de ses cours. Il y a obligation d’accommodement, mais le moyen utilisé peut faire l’objet d’une discussion.
Dans la réalité de votre cours en particulier, il est possible que votre démarche d’enseignement entre en conflit avec les modalités de la demande d’accommodement. Il vous serait impossible d’évaluer la personne ainsi accommodée de manière à être conforme à votre objectif d’apprentissage.
Dans ce cas, vous avez la possibilité de ne pas appliquer la demande d’accommodement telle que proposée.
Le meilleur moyen de trouver une manière d’accommoder une personne tout en étant cohérant dans votre démarche évaluative est de revenir à la base. Vous devez alors vous demander quel objectif d’apprentissage vous souhaitez évaluer par votre processus d’évaluation. Le but est de trouver comment réaliser une tâche d’une autre façon ou encore, comment la personne étudiante sera en mesure de faire la démonstration de ses apprentissages. Il importe de garder en tête que vous devez évaluer le même élément sans que les modalités d’évaluation ne représentent un désavantage en raison des besoins particuliers de la personne en situation de handicap.
Idéalement, discutez ouvertement de votre processus d’évaluation. Ce travail peut se faire en collaboration entre :
- la personne enseignante,
- la personne étudiante,
- la personne conseillère des SCE.
Lien avec le marché du travail

J’enseigne dans un domaine très compétitif et je ne peux pas mettre en place d’accommodements dans mon cours, car les personnes en situation de handicap ne seront pas prêtes pour la dure réalité du marché du travail.
C’est faux!
Vous enseignez une partie de la réalité d’un domaine compétitif, mais votre cours est au sein d’un programme beaucoup plus large. La personne en situation de handicap qui doit suivre votre cours est en processus d’apprentissage.
Il se peut qu’elle ait l’obligation de suivre votre cours qui représente une difficulté majeure en raison de sa condition, tout en ayant de grandes aptitudes dans beaucoup d’autres cours de son programme de formation. Votre cours ne doit pas représenter à lui seul le frein de son cheminement académique.
Elle pourrait aussi choisir un métier connexe au domaine que vous enseignez. Cette personne peut être passionnée par un domaine en général sans pour autant vouloir exercer la profession qui se trouve au centre de celle-ci. Par exemple, une personne aimant le sport sait que sa grandeur aura un impact direct sur sa capacité de devenir un joueur professionnel, mais rien ne l’empêche de devenir entraineur dans ce même sport.
Finalement, il ne faut pas oublier que si la Loi assurant l’exercice des droits des personnes handicapées en vue de leur intégration scolaire, professionnelle et sociale vous oblige à accommoder cette personne, il en ira de même pour son futur employeur.
Équité envers les autres personnes étudiantes

Il n’est pas équitable pour la communauté étudiante de permettre des accommodements à certaines personnes alors que d’autres n’en ont pas.
L’accommodement a pour seul but l’équité, ce qui est différent de l’égalité. L’accommodement mis en place, par exemple le temps supplémentaire, ne permet que de pallier la condition, par exemple la dyslexie (trouble d’apprentissage en lien à la lecture). Si un examen demande de lire une série de questions, il faut considérer ce temps de lecture et c’est ainsi que le pourcentage de temps supplémentaire est calculé. Par exemple, si un lecteur universitaire peut lire 400 mots par minute alors qu’une personne dyslexique ne peut en lire que 200 dans ce même laps de temps, le temps attribué à la lecture des questions est alors doublé.
