Yolaine Martineau

Yolaine Martineau

Conseillère à la reconnaissance des acquis et des compétences, HEC Montréal

Partie 1 – Section 1 de 2

Comme nous le savons, les apprentissages ne se font pas uniquement dans une salle de classe. Tout au long de notre vie, nous avons développé des compétences; dans notre milieu de travail, par l’engagement communautaire, le bénévolat, des démarches autodidactes ou la pratique d’une activité. Bref, les occasions d’apprendre sont multiples et pratiquement illimitées!

Par exemple, les principes de la pédagogie universitaire sont enseignés dans certains cours à l’université, mais un bon nombre de personnes enseignantes n’ont jamais suivi ces cours et sont pourtant compétentes pour enseigner. Elles ont pu, par leurs expériences, leurs lectures, des formations, des échanges entre pairs., apprendre la pédagogie universitaire. Dans un même ordre d’idées, certaines personnes ont une équipe de travail à gérer, sans pour autant avoir de diplôme dans le domaine de la gestion.

Prenons l’exemple des personnes qui réalisent des campagnes marketing sans être passées par les bancs de HEC Montréal ou d’une autre université, mais qui l’apprennent sur le marché du travail, entourées de collègues.

Mais quelle valeur accorder à ces apprentissages réalisés hors du cadre scolaire habituel ? Et comment déterminer si ces acquis et ces compétences développés peuvent être reconnus officiellement dans un programme d’études?

Des questions? N’hésitez pas à communiquer avec moi.

Définition des concepts entourant la reconnaissance des acquis

Politique de reconnaissance des acquis de HEC Montréal

Politique officielle de HEC Montréal (.pdf)

« La reconnaissance des acquis et des compétences (RAC) est une démarche qui s’adresse aux personnes qui ont cumulé des acquis significatifs, issus de leurs parcours scolaires ou expérientiels. »

La RAC permet de faire valoir ces acquis afin d’obtenir une reconnaissance officielle pour un ou plusieurs cours d’un programme d’études à HEC Montréal.

Le contexte dans lequel se sont réalisés les apprentissages permet de distinguer :

  • la reconnaissance des acquis scolaires (RAS)
  • la reconnaissance des acquis expérientiels (RAE)

Lors de la reconnaissance d’acquis scolaires, les apprentissages sont issus de formations créditées réussies dans un établissement d’enseignement reconnu.

Lors de la reconnaissance d’acquis expérientiels, les apprentissages proviennent de l’expérience de vie, de l’expérience de travail ou de formations non créditées.

Cette formation traite essentiellement de la reconnaissance des acquis expérientiels (RAE).

Tableau explicatif sur la reconnaissance des acquis

Tableau différenciant la RAC, la RAS et la RAE

État de la situation à HEC Montréal et ailleurs

La reconnaissance des acquis est un phénomène qui prend de l’ampleur partout dans le monde. Elle s’inscrit dans le mouvement favorisant l’apprentissage des individus tout au long de la vie.

En France

La RAE, appelée VAE (valorisation des acquis de l’expérience) est en place depuis 2002 et la démarche a été simplifiée en 2022. Il est possible d’obtenir un diplôme en entier par cette voie, y compris un doctorat! Évidemment, l’obtention d’un doctorat complet par VAE est quelque chose de peu courant; le diplôme de l’enseignement supérieur le plus souvent octroyé en totalité par VAE est la licence professionnelle. La VAE est une démarche qui demande plusieurs mois de travail au candidat et qui comprend habituellement un entretien devant un jury en fin de parcours.

Aux États-Unis

Nous parlons de PLA (Prior Learning Assessment) et cela existe depuis la Seconde Guerre mondiale lorsque les établissements postsecondaires ont commencé à réfléchir à des moyens d’aider les anciens combattants à obtenir des crédits académiques pour leurs expériences militaires.

Au Canada

L’association canadienne pour la reconnaissance des acquis (CAPLA) se présente depuis 1994 comme la voix nationale en ce qui concerne la reconnaissance des acquis. Cet organisme financé par le gouvernement fédéral a comme mandat de développer la reconnaissance des acquis et d’en faire la promotion. Comme l’éducation est de compétence provinciale, chaque province a développé ses propres approches en RAC.

En 2002 est publiée la Politique gouvernementale d’éducation des adultes et de formation continue; apprendre tout au long de la vie (.pdf) qui met de l’avant l’importance de la RAC et le rôle des établissements d’enseignement dans l’accès à ce service pour les adultes souhaitant faire reconnaitre leurs acquis.

On y énonce trois principes qui guident la démarche de reconnaissance des acquis et des compétences. Une personne :

  • a droit à la reconnaissance formelle des acquis et des compétences correspondant à des éléments de formation qualifiante, dès lors qu’elle fournit la preuve qu’elle les possède;
  • n’a pas à refaire, dans un contexte scolaire formel, des apprentissages qu’elle a déjà réalisés dans d’autres lieux selon d’autres modalités;
  • ne devrait pas être tenue de faire reconnaitre à nouveau des compétences ou des acquis qui ont été évalués avec rigueur et sanctionnés par un système officiel.

La RAC présente depuis longtemps

Plusieurs établissements d’enseignement supérieur ont déjà implanté des processus de reconnaissance d’acquis. Au niveau collégial, la plupart des cégeps offrent des services de RAC depuis plusieurs années, surtout dans les programmes techniques.

Dans la plupart des universités, la RAC est aussi implantée depuis de nombreuses années.

HEC Montréal adhère aux principes énoncés dans la politique gouvernementale de 2002 (.pdf) et les a inscrits dans sa propre Politique sur la reconnaissance des acquis et des compétences (.pdf).

La reconnaissance des acquis scolaires (demande d’équivalence pour des cours réussis au niveau universitaire) est un service offert depuis fort longtemps dans tous les programmes d’études de l’École, à l’exception du MBA.

Quant à la reconnaissance des acquis expérientiels, il en était déjà question dans les documents officiels du Registrariat au début des années 90 pour les programmes de certificat.

Depuis l’automne 2023, les personnes admises dans les programmes de D.E.S. peuvent aussi demander la reconnaissance de leurs acquis expérientiels.

À qui s’adresse la reconnaissance des acquis expérientiels à HEC Montréal?

Seuls les étudiants déjà admis aux programmes de certificat ou de D.E.S. peuvent faire une demande de reconnaissance d’acquis expérientiels.

Un processus renouvelé qui allie rigueur et transparence

HEC Montréal a bonifié en octobre 2022 sa Politique de reconnaissance des acquis et des compétences (.pdf) en y inscrivant explicitement sa volonté d’offrir aux étudiants la possibilité de se faire reconnaitre des cours sur la base de leurs expériences. Pour ce faire, un processus structuré, rigoureux et transparent a été développé.

Au cœur de ce processus se trouve le portfolio. Il s’agit de l’outil retenu par l’École pour effectuer la démonstration de ses acquis expérientiels. Le portfolio est un document structuré qui permet à la personne étudiante de consigner ses expériences et ses activités de formation non créditées tout en expliquant le lien entre celles-ci et les compétences de son programme d’études.

L’évaluation du portfolio porte sur des critères précis qui sont communiqués aux personnes étudiantes dès le début de la démarche.

À HEC Montréal, sous certaines conditions, une limite de 50 % des cours d’un programme peut être octroyée par reconnaissance d’acquis. Il n’est donc pas possible d’obtenir un diplôme entièrement sur la base de son expérience, comme cela se fait ailleurs dans le monde.

Les avantages de la reconnaissance des acquis et des compétences

Communauté étudiante

Personnes étudiantes discutant devant un ordinateur portable

Valorisation du parcours personnel

  • Valeur du parcours de vie reconnue, ce qui accroit l’engagement dans son projet d’études
  • Cohésion lors de l’alternance entre formation et milieu de travail tout au long de la vie
  • Confiance accrue en sa capacité à réussir des études supérieures
Progression dans un programme d’études sans avoir à refaire les apprentissages déjà réalisés

  • Favorise la motivation, car évite la redondance
  • Peut accélérer le parcours de formation

Persévérance et réussite scolaire

  • Des études démontrent que les personnes ayant complété un processus de RAC ont un meilleur taux de persévérance et de réussite dans leurs études. (Bélisle, R., & Fernandez, N., 2018)

Communauté enseignante et École

Édifice Côte-Sainte-Catherine HEC Montréal

Contribution à la motivation, à l’engagement en classe et à la persévérance

Lorsqu’il est question de RAC, le premier réflexe est de penser aux personnes d’expérience qui ne seront malheureusement plus dans votre classe, car elles se seront fait créditer votre cours.

C’est effectivement une réalité, mais il faut également garder en tête qu’une autre personne pourrait s’inscrire à votre cours en raison de l’existence du processus de RAC. Rappelons que le nombre maximal de crédits qui peut être accordé en reconnaissance d’acquis est limité à 50% des crédits de son programme.

Augmentation du taux de diplomation

  • La RAC contribue à la motivation et à l’engagement des personnes étudiantes, et donc, au taux de diplomation.

Contribution à l’atteinte des objectifs en équité, diversité et inclusion (ÉDI)

  • Favorise l’accès aux études supérieures à des personnes qui traditionnellement n’auraient pas nécessairement fréquenté l’université
Se conformer à une demande ministérielle

  • Non seulement la RAC présente plusieurs avantages, mais en tant qu’institution d’enseignement supérieur québécoise, HEC Montréal a le devoir d’y adhérer.

Collectivité

Édifice Côte-Sainte-Catherine en vue surélevée

Atout pour la collectivité en facilitant l’intégration des nouveaux arrivants

  • Reconnaissance et valorisation des parcours individuels et de l’expérience acquise hors du Québec