La gestion de classe

« La notion de « gestion de classe » réfère à l’ensemble des actes réfléchis, séquentiels et simultanés que le personnel enseignant conçoit, organise et réalise pour et avec les élèves dans le but d’établir, maintenir ou restaurer un climat favorisant l’engagement des élèves dans leurs apprentissages et le développement de leurs compétences. » (Gaudreau, 2024)

Nous utilisons l’expression « gestion de classe », mais les principes énoncés sont transférables au contexte d’enseignement en ligne.

Personnes étudiantes qui travaillent autour d'un même ordinateur

Dans cette page vous trouverez :

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Une main.

Les composantes de la gestion de classe, identifiées par la recherche de Gaudreau (2024), sont associées à chacun des doigts de la main.

Trois flèches dans un cercle. Chaque flèche contient un mot : prévenir, réagir, rétablir.

Ces cinq composantes influencent les trois actions (et moments) de la gestions de classe – prévenir, réagir, rétablir – à garder en tête en tant que personne enseignante :

Bien que cette page présente les bases théoriques de la gestion de classe, la Direction de l’apprentissage et de l’innovation pédagogique (DAIP) est consciente que les problématiques vécues par le corps enseignant de l’École peuvent nécessiter l’expertise d’un conseiller pédagogique. Nous vous invitons à nous contacter si vous faites face à une situation complexe pour laquelle vous souhaiteriez obtenir un soutien personnalisé.

Les composantes de la gestion de classe

Les composantes de la gestion de classe

Une main.

Pour mieux comprendre en quoi consiste la gestion de classe, la recherche a identifié cinq composantes principales, toutes essentielles à un environnement d’apprentissage sain. La personne enseignante peut agir de manière proactive sur celles-ci pour favoriser l’apprentissage et prévenir les comportements perturbateurs.

Image d'une main présentant les 5 composantes de la gestion de classe. Vous les retrouverez dans le texte ci-dessous.
Ces cinq composantes contribuent à prévenir les interférences en classe et à promouvoir un climat propice à l’apprentissage. (Gaudreau, 2024) :

  • La gestion des ressources (pouce)
  • L’établissement d’attentes claires (index)
  • Le développement de relations sociales positives (majeur)
  • Les stratégies pédagogiques pour maintenir l’attention et l’engagement (annulaire)
  • La gestion des comportements d’indiscipline (auriculaire)

La composante gestion des comportements d’indiscipline permet également de réagir aux interférences qui peuvent survenir malgré les efforts de prévention.

Pour rétablir le climat d’apprentissage, il est essentiel d’intégrer une démarche de pratique réflexive à ces cinq composantes.

Prévenir (avant)

Trois flèches dans un cercle. Le mot prévenir est mis en évidence.

Prévenir (avant)

Trois flèches dans un cercle. Le mot prévenir est mis en évidence.

La clé de la prévention les interférences en classe réside dans une planification efficace des cours, en s’appuyant principalement sur les quatre premières composantes de la gestion de classe.

Une planification et une gestion efficace des ressources est gage de succès pour assurer un climat de classe propice à l’apprentissage.

Temps

Planifier judicieusement la durée des activités en classe et en dehors de la classe ainsi que les modalités d’accompagnement des membres de la classe afin de prévenir le stress et l’anxiété.

Espace

Lorsque possible, choisir votre classe (salle dans laquelle il est possible de déplacer le mobilier ou non) et l’aménager en fonction des activités prévues.

Matériel

Planifier judicieusement le matériel d’apprentissage en prenant en considération la nature des activités prévues, les besoins d’accessibilité et le meilleur moment pour le partager.

Ressources technologiques

Choisir judicieusement les ressources technologique en fonction des objectifs d’apprentissage et dans le but de soutenir l’apprentissage. S’assurer que l’utilisation des ces ressources soit faite de manière équitable.

Ressources humaines

Communiquer clairement votre rôle, vos responsabilités, vos champs d’action et vos limites d’intervention, ainsi que les différentes ressources disponibles à la communauté étudiante (SAÉ, bibliothèque, soutien TI).

L’établissement d’attentes claires dès le début du trimestre permet de favoriser un climat de classe propice à l’apprentissage.

Règles de conduite

En classe, dès la première séance, discuter clairement :

  • des règles de conduites qui cadrent avec votre philosophie d’enseignement;
  • du climat idéal pour l’apprentissage;
  • des limites à ne pas franchir.

Une discussion ouverte avec les membres de la classe facilite l’établissement et l’adoption de ces règles.

Procédures

Communiquer clairement les attentes en ce qui a trait aux activités en classe, aux remises de travaux et aux évaluations ainsi qu’aux modalités de communication en dehors de la classe.

Comportements attendus

  • Choisir deux ou trois valeurs à prôner en classe (comme le respect, la bienveillance, l’authenticité)
  • Décrire les comportements attendus qui découlent de ces valeurs

 

Témoignage d’une enseignante

Je me suis concentré sur la prévention.

J’ai impliqué l’ensemble des étudiants dans une co-création des règles en classe, et surtout j’ai pris le temps avec eux, comme vous nous l’aviez conseillé. J’ai eu une belle participation en classe et je vois déjà les impacts car les règles sont bien plus retenues et on en fait même des blagues et référence durant la séance.

À suivre pour les 11 prochaines séances mais c’est déjà un excellent point de départ! Je ne réalisais pas à quel point la prévention est importante et cela va me permettre tout au long de la session de me référer à chaque règle que nous avons instaurée ensemble.

Chloé
Chargée de cours

En contexte universitaire, il importe d’établir des liens sains entre tous les membres de la classe en maintenant un climat chaleureux et inclusif, sans minimiser l’autorité de la personne enseignante.

Relation entre personnes étudiantes et personne enseignante

Agir avec une attitude positive et respectueuse permet à la personne étudiante d’agir de manière positive et respectueuse en retour. Pour y parvenir, la personne enseignante devrait :

  • Offrir de la rétroaction efficace
  • Traiter les membres de la classe de manière juste et équitable
  • Communiquer avec respect

Relation entre les personnes étudiantes

Mettre en place certaines stratégies pour encourager les membres d’un groupe à entretenir une forme de communication, favorise un climat de classe plus chaleureux.

  • Prévoir des activités brise-glace favorisant les échanges et une meilleure connaissance des pairs
  • Proposer des activités en petites équipes ou en dyades, en format « speed dating »
  • Utiliser un forum et y participer à quelques reprises pour favoriser les échanges et l’entraide

Proposer des stratégies pédagogiques qui favorisent la concentration et la motivation des personnes étudiantes permettant de stimuler leur engagement. La personne enseignante peut prioriser des activités misant sur l’apprentissage actif.

Engagement sur l’objet d’apprentissage

Planifier les activités d’apprentissage en prenant soin de :

  • Varier les niveaux de difficultés des tâches en suivant la progression du groupe
  • Prévoir des activités d’apprentissage signifiantes qui se rapprochent de situations authentiques
  • Proposer des choix aux membres de la classe, que ce soit au niveau des thématiques, des responsabilités ou des formats de remise
  • Varier les modalités d’enseignement et éviter de demeurer dans une posture d’enseignement magistral trop longtemps

Supervision de la progression des apprentissages

  • Sonder régulièrement les personnes étudiantes pour déterminer leur niveau d’atteinte des objectifs d’apprentissage, à l’aide de séances de questions et de réponses.
  • Donner une rétroaction riche et fréquente. La rétroaction peut être donnée par la personne enseignante, par les pairs, lors d’une activité de groupe ou lors d’une séance de cours.
Bien que l’on pourrait croire que la gestion des comportements d’indiscipline soit au centre des notions de la gestion de classe, ce serait l’inverse selon Gaudreau (2024). La gestion des comportements d’indiscipline serait le dernier et le moins puissant des composantes; ce serait en misant sur les quatre autres composantes qu’on pourrait davantage prévenir ces comportements.

Stratégies préventives

Voici quelques stratégies formulées par Gaudreau (2024) pour prévenir les comportements d’indiscipline. Celles-ci ont été adaptées au contexte universitaire par la DAIP :

  • L’aide opportune : identifier la difficulté d’une personne pour mieux l’accompagner dans sa démarche d’apprentissage
  • La proximité : éviter de demeurer en position assise et circuler dans l’espace de la classe
  • L’utilisation de l’approche de la pratique réflexive : analyser ses situations difficiles d’enseignement passées et mettre en place ses propres stratégies pour empêcher le déclenchement d’un comportement perturbateur dans une situation similaire

Les stratégies de prévention des comportements d’indiscipline demeurent plus efficaces que les stratégies réactives.

Réagir (pendant)

Trois flèches dans un cercle. Le mot réagir est mis en évidence.

Réagir (pendant)

Trois flèches dans un cercle. Le mot réagir est mis en évidence.

Malgré toutes les stratégies de gestion de classe mises en place de façon préventive, des comportements d’interférence peuvent tout de même survenir. Ces situations nécessitent une intervention de votre part si cela nuit au bon déroulement de la séance.

Certaines personnes peuvent faire valoir des raisons pour justifier leur comportement perturbateur, par exemple : des enjeux de santé, une urgence familiale, etc. Il suffit parfois de prendre un moment, durant la pause ou en privé au début du cours, pour discuter et valider ce qui est à l’origine du problème. Adopter une posture d’écoute et d’ouverture permet de mieux comprendre et de pouvoir agir en conséquence.

Si les comportements perturbateurs persistent et ne sont pas liés à une situation qui les justifient, nous vous encourageons à agir rapidement et adéquatement en fonction de la gravité et des effets qu’elle a sur vous et votre groupe-classe.

Gestion des comportements d’indiscipline (en réaction)

Considérant que les situations d’interférence en classe sont de nature imprévisible, immédiate et multidimensionnelle, il est impossible de dicter une marche à suivre universelle. Il n’en demeure pas moins qu’une stratégie de gradation des interventions peut aider la personne enseignante à gérer la situation. Nous vous proposons celle de Redl et Wineman (1951), librement adaptée au contexte universitaire et divisée en trois niveaux d’intervention, en fonction du caractère problématique du comportement.

Pour des problèmes de comportement mineurs, il est conseillé de commencer par intervenir avec discrétion. Les stratégies adaptées sont :

  • L’ignorance intentionnelle : éviter de donner de l’attention au comportement perturbateur
  • Les signes non verbaux : faire un signe de la main ou utiliser son regard
  • La décontamination par l’humour : faire une blague si vous êtes à l’aise de le faire et que cela se prête à la situation
  • Proximité : utiliser l’espace de la classe pour vous rapprocher de la personne ayant un comportement perturbateur
  • Restructuration : changer la modalité de l’activité (ex. : passer d’un enseignement magistral à un travail en dyades ou vice versa)
  • Distribution sélective de l’attention : donner de l’attention aux comportements appropriés et, inversement, éviter de donner de l’attention aux comportement perturbateurs
  • Reformulation : reformuler dans vos propres mots les propos de la personne étudiante

Pour des problèmes de comportement majeurs, la personne enseignante se doit d’intervenir rapidement et directement afin de préserver un climat de classe propice aux apprentissages.

« Lorsqu’un problème mineur de comportement persiste, il peut se transformer en un problème majeur de comportement. Cette catégorie de problèmes peut nuire au bon fonctionnement du cours, car les comportements manifestés interfèrent avec l’enseignement et l’apprentissage. » (Prégent, R., Bernard, H., & Kozanitis, A., 2009)

Dans ce contexte plus tendu, les stratégies proposées sont :

  • L’interruption de l’activité : arrêter le déroulement normal de la séance soit pour donner une pause ou pour changer d’activité afin de faire cesser le comportement
  • L’interpellation directe : interpeller la personne étudiante directement, idéalement en utilisant son prénom, et demander l’arrêt du comportement perturbateur
  • L’interdiction formelle : souligner clairement et explicitement que le comportement est inacceptable

À ce niveau de perturbation, il est important de pouvoir discuter avec la ou les personnes ayant un comportement perturbateur, que ce soit à la pause ou immédiatement après la séance. L’important est de prévoir un échange avant la tenue de la séance suivante.

Une situation de crise signifie soit qu’un membre de la classe :

  • A un comportement problématique grave (commentaire offensant, blâme injustifié ou menace)
  • Refuse de corriger un comportement qui mine le climat d’apprentissage

Dans ces cas, l’intervention de la personne enseignante doit être plus ferme. Elle peut :

  • Nommer le caractère inacceptable du comportement
  • Rappeler le comportement attendu ou l’action à mettre en place
  • Souligner que le Code de conduite des étudiants demande « à chaque étudiant d’adopter des comportements et des attitudes propres au bon déroulement des cours et des examens » et que chaque personne a droit de jouir « d’un milieu d’études, de travail et de vie sain, respectueux et sécuritaire »
  • Demander le retrait de la personne ayant un comportement perturbateur si cela empêche la séance de se dérouler dans un climat sain, respectueux et sécuritaire. En dernier recours, vous avez le droit d’appeler le Service de la sécurité

Il va de soi que la personne enseignante devra faire un suivi de la situation auprès de la direction de son département et que la personne étudiante devra être rencontrée par les autorités compétentes de l’École avant de réintégrer la classe.

La personne enseignante peut également demander de l’aide aux instances suivantes :

Sanctions possibles

Selon le Code de conduite des étudiants :

  • Une action qui nuit aux apprentissages peut requérir l’action de la direction du programme qui en informe la Direction des affaires juridiques au besoin
  • Une action interdite peut entrainer une enquête de la Direction des affaires juridiques et un suivi auprès du Comité de conduite étudiante
  • Dans les deux cas, des sanction officielles sont possibles en fonction de la gravité du comportement et de son caractère répétitif :
    • Un avertissement
    • Une suspension
    • Une expulsion définitive

Attention!

Un comportement dérangeant peut devenir perturbateur lorsque les interventions ne sont pas efficaces et mises en place rapidement. Une situation de petite ampleur vous demande d’agir avec une intervention modérée afin d’éviter toute dégradation du climat d’apprentissage.

Certaines personnes évitent d’intervenir ou sous-estiment le problème de comportement. Elles laissent les choses aller jusqu’au moment où certaines personnes de la classe s’en plaignent. Vaut mieux prévenir que guérir.

Rétablir (après)

Trois flèches dans un cercle. Le mot rétablir est mis en évidence.

Rétablir (après)

Trois flèches dans un cercle. Le mot rétablir est mis en évidence.

Rétablir le climat d’apprentissage à la suite d’un incident doit se faire le plus rapidement possible pour que les séances suivantes puissent se dérouler harmonieusement. Chaque situation étant unique, il est impossible de fournir une marche à suivre qui pourrait s’appliquer de façon universelle. La DAIP vous propose de procéder par l’approchede la pratique réflexive.

Approche de la pratique réflexive en contexte de gestion de classe

La pratique réflexive est un acte de pensée délibéré et intentionnel orienté sur les façons de répondre à des situations problématiques dans la pratique professionnelle. (Legault, 2004)

« Il faut se rappeler que toutes les personnes enseignantes agissent à un moment donné de manière inefficace, cela fait partie de la normalité. Toutefois, plus elles adoptent une pratique réflexive en gestion de classe, plus elles risquent d’éviter de reproduire les mêmes erreurs. » (Gaudreau, 2019)

Il est parfois ardu de prendre un pas de recul pour vous questionner sur vos pratiques enseignantes à la suite d’une séance de cours difficile. Vous devez vous rappeler que vous prêter à cet exercice vous permettra de trouver le moyen de rétablir le climat de classe et de prévenir que la situation ne s’aggrave ou ne se reproduise.

L’approche réflexive demande de l’humilité, car le postulat de départ est que vous devez vous questionner sur ce que vous auriez pu faire de différent, et ce, même si vous avez été victime d’une incivilité. Nous ne vous demandons pas d’accepter l’inacceptable, mais plutôt d’envisager d’autres perspectives.

Puisque la pratique réflexive exige ce pas de recul, il est généralement préférable d’attendre quelques heures, voire quelques jours après l’événement, avant de d’entamer l’exercice.

Démarche

La démarche proposée est calquée sur le cycle de David A. Kolb (2014) utilisé en apprentissage expérientiel. Elle se divise en quatre étapes.

Graphique résumant le cycle de Kolb. Vous retrouverez les différentes composantes dans le texte ci-dessous.

Pour illustrer ce modèle, voici un exemple d’une situation fictive vécue entre Olivier, un enseignant, et Tom, un étudiant.

L’expérience concrète représente le moment où vous avez vécu une situation difficile en classe.


Exemple

Au retour de la semaine des examens intratrimestriels, Olivier débute sa séance de cours en disant aux membres de la classe qu’il vient tout juste de recevoir les corrections de l’examen. Il précise que la moyenne du groupe est sous le seuil de réussite et que certaines questions ont été échouées par la quasi-totalité du groupe. Par conséquent, il leur conseille de revoir les notions déjà vues le plus tôt possible puisque l’examen final traitera de celles-ci.

Certaines personnes dans la classe lèvent la main et questionnent Olivier sur l’examen. Celui-ci précise alors qu’il n’a pas eu le temps de faire l’analyse des copies et qu’il allait leur revenir à la prochaine séance avec plus de détails.

C’est alors que Tom interrompt les échanges en prenant la parole. Il se lève et, d’un ton qu’Olivier juge provocateur, affirme que si la moyenne du groupe ne passe pas, c’est parce qu’il ne sait pas enseigner.

Olivier juge la remarque insultante. Il demande à Tom de lui parler avec plus de respect et d’attendre son tour pour prendre la parole.

Tom ramasse ses choses avec empressement et quitte la salle de classe.

L’observation réfléchie demande d’analyser la situation en prenant un pas de recul, à la manière d’un chercheur qui observe une situation sur le terrain de manière neutre et distante.


Exemple

Olivier décide prendre un pas de recul en attendant quelques jours et en mettant son égo de côté.  Il veut reconstruire le fil des événements de manière neutre.

Ce n’est pas facile, mais il veut poser un regard critique et objectif sur l’incident afin d’éviter que la situation ne se reproduise. Oui, on lui a manqué de respect, mais quelle part peut lui appartenir?

Olivier est une personne franche, directe et efficace, sans mauvaises intentions. Son but a toujours été celui de vouloir aider tous les membres de sa classe. C’est pour cette raison qu’il a communiqué rapidement sa première impression aux membres de sa classe. Il voulait leur donner le plus de temps possible pour rectifier le tir avant l’examen final. Son intention initiale était bienveillante.

Mais dans les faits, il demeure qu’il a communiqué une information partielle et surtout, très sensible. Peut-être que cela a déclenché des émotions négatives chez certaines personnes. Cela a pu être assez décourageant pour certaines personnes de la classe. C’est peut-être cela qui pourrait expliquer que Tom, plus émotif que les autres, a alors osé lui manquer de respect.

La conceptualisation abstraite demande de retourner à des notions théoriques pour trouver une solution.


Exemple

Les observations précédentes ont permis à Olivier d’identifier que la situation touche deux points centraux en pédagogie :

  • La rétroaction n’était pas assez précise éclaire. Elle ne fournissait pas de pistes d’amélioration concrètes.
  • Le ton utilisé blâmait l’ensemble du groupe se qui fait clairement baisser leur niveau de motivation.

Olivier décide de consulter les pages de la DAIP dédiées à ses sujets. À la lumière de ses lectures, il comprend que malgré ses bonnes intentions, il n’a pas offert de rétroaction riche pour que les membres de son groupe puissent corriger le tir d’ici la fin du trimestre (sentiment de compétence). Il ne leur offrait pas non plus de nouvelles approches ou stratégies d’étude (sentiment de contrôle).

L’expériementation active permet l’émission d’hypothèses et permet également d’établir un plan de match pour éviter qu’une situation similaire ne se reproduise.


Exemple

Pour éviter que la situation ne se reproduise lors d’un prochain trimestre, il faudra qu’Olivier évite de communiquer une information partielle en classe. Il est préférable d’avoir préparé son discours avant de parler d’une évaluation, puisque ce sujet peut être source d’anxiété. Il est plus sage de :

  • Livrer une rétroaction riche et précise
  • Proposer des activités d’apprentissages ciblées pour que les membres de la classe puissent s’améliorer

Olivier a également trouvé des pistes de solution pour sa prochaine séance qui approche à grands pas :

  • Prévoir suffisamment de temps pour faire un retour sur l’évaluation problématique
  • Fournir une rétraction riche et précise tout en identifiant les notions les moins bien comprises par la classe
  • Offrir un test éclair sur les points moins bien réussis, suivi d’une période de question

Olivier a cerné les éléments sur lesquels il a du pouvoir (son intervention en classe) et a laissé de côté ce qui ne lui appartient pas (le comportement inapproprié de Tom). Les agissements de Tom ne sont pas plus acceptables qu’il l’était lors de l’incident, mais Olivier sait maintenant qu’il peut agir différemment pour éviter de déstabiliser sa classe.

La pratique réflexive demande de l’humilité, du temps et des efforts, mais le jeu en vaut la chandelle. Il s’agit d’une habileté qui s’acquiert avec le temps; soyez indulgent avec vous-même.

Ressources

Ressource

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La DAIP est consciente que les problématiques vécues par le corps enseignant de l’École peuvent requérir l’expertise d’un conseiller pédagogique. Notre équipe est à votre disposition pour vous offrir un soutien personnalisé.

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Bibliographie

Bibliographie

Archambault, Jean et Chouinard, Roch (2009). Vers une gestion éducative de la classe (3e édition). Montréal: Gaëtan Morin Éditeur.

Berthiaume, D. & Justeau, S. (2015). Recourir au mentorat pour développer son expertise en enseignement. Dans N. Rege Colet & D. Berthiaume (dir.), La pédagogie de l’enseignement supérieur: repères théoriques et applications pratiques. Tome 2: Se développer au titre d’enseignant. (pp.49-74). Berne : Peter Lang.

Centre de Soutien à l’enseignement (2009). La pratique réflexive comme moyen d’améliorer son enseignement universitaire.

Chevrier, J., & Charbonneau, B. (2000). Le savoir-apprendre expérientiel dans le contexte du modèle de David Kolb. Revue des sciences de l’éducation, 26(2), 287-324.

Gaudreau, N. & De Grandpré, M. (2012). Promouvoir les comportements positifs des étudiants par une gestion de classe efficace. Le Tableau, 1(6). Publication électronique diffusée par le portail de soutien à la pédagogie universitaire du réseau de l’Université du Québec.

Gaudreau, N. (2024). Gérer efficacement sa classe: Les cinq ingrédients essentiels, 2e édition. Presses de l’Université du Québec.

HEC Montréal. Code de conduite des étudiants

Kolb, D. A. (2014). Experiential learning: Experience as the source of learning and development. FT press.

Legault, J.-P. (2004). Former des enseignants réflexifs. Les éditions logiques.

Marchand, M. & Tardif. (2011). La gestion de classe en milieu universitaire: Comment gérer les attitudes et les comportements qui peuvent interférer avec l’apprentissage?

Prégent, R., Bernard, H., & Kozanitis, A. (2009). Enseigner à l’université dans une approche-programme: guide à l’intention des nouveaux professeurs et chargés de cours. Presses inter Polytechnique.

Redl, F., & Wineman, D. (1951). Children who hate: the disorganization and breakdown of behavior controls.

Sarrazin, P., Tessier, D. & Trouilloud, D. (2006). Climat motivationnel instauré par l’enseignant et implication des élèves en classe : l’état des recherches. Revue française de pédagogie, 157, 147-177.